Jour 36 – Portomarin – 19 km – Total : 693 km

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Il fait encore nuit quand je pars. Quand le soleil se lève, un petit oiseau me suit et fait le rigolo. Ça m’amuse. Il y a beaucoup de brume et ça rend le paysage fabuleux. Côté marche, le sentier est très beau mais encore en descente. J’ai mal partout mais je m’encourage en me disant qu’il ne me reste que quelques jours. Juste avant d’arriver à Portomarin, il y une descente assez spectaculaire. J’avais l’impression, en regardant le dénivelé du terrain sur mon papier, qu’il n’y aurait plus de descente de ce genre jusqu’à Santiago. Il faut croire que le document ne montre pas tout. Au moins, la Galice est tout simplement magnifique !

Je croise la borne de 100 km. Youppi ! Je m’arrête déjeuner dans un magnifique petit bar tout en bois. Ils savent y faire côté bois les Espagnols ! J’en retrouve un tout aussi beau un peu plus loin dans lequel je mange pour dîner une délicieuse soupe Galicienne accompagnée d’une «tortilla» et d’une Heineken. Le bonheur !DSCN2460

Me voilà à Portormarin. Je m’installe dans un hôtel où les propriétaires ont réservé une partie au premier étage pour les pèlerins. C’est tranquille et les petits dortoirs, bien que n’ayant pas de portes, ne contiennent que 4 lits, tous superposés. Je suis toute seule et quelques temps plus tard arrivent deux Hollandais et une Danoise. Ils sont tous très sympathiques et font des efforts pour me parler français.

Une fois ma douche prise et mes affaires lavées, je m’installe au bar qui possède une superbe véranda avec une vue sur Portomarin engloutie. En effet, Portomarin a une ancienne ville dont on ne voit que les restes lorsque l’eau de la rivière est basse. Cette partie a été engloutie après la déviation d’une rivière (ou pour un barrage je crois). C’est assez spectaculaire.

Je prends une bonne bière en mangeant un chip et j’écris ma lettre. Puis je vais voir sur l’ordinateur si j’ai des courriels. Sur le coup, je pense que j’ai un virus car j’ai 21 messages dans ma boîte de réception. Habituellement, je n’ai rien sinon un message de Marcel ou mes filles. Je sursaute en voyant tous mes amis et ma famille qui m’ont écrit. Du coup, je suis convaincue qu’il y a quelqu’un de mort…

Mais non, c’est Marcel qui a demandé à tout le monde de m’écrire pour m’encourager. Presque tout le monde m’explique qu’il ne pensait pas que j’avais accès aussi facilement à un ordinateur, qu’il ne voulait pas me déranger dans mes méditations, etc.

Je quitte ensuite pour me promener dans la ville et j’ai le plaisir de croiser Michel, Jeannette et Mayie que je croyais bien avoir perdu. Quelle joie ! Une fois de retour à l’hôtel, les Allemands fêtent l’anniversaire de la réunification de l’Allemagne. Ah ! Seigneur ! Mais bon, c’est quand même un bel anniversaire. Je mets mes bouchons et je finis par m’endormir.