Les origines

(Source : Wikipedia)

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage catholique, dont le but est le tombeau légendaire de l’apôtre saint Jacques, Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). Le pèlerinage de Compostelle compte parmi les trois plus importants pèlerinages de la Chrétienté après Jérusalem et Rome. Mais c’est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne des Rois catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia, pape de 1492 à 1503) a déclaré que Saint-Jacques-de-Compostelle était, avec Rome et Jérusalem, l’un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté ». Saint-Jacques-de-Compostelle a été déclaré en 1987 premier itinéraire culturel du Conseil de l’Europe.

Le pèlerinage est né de la découverte, dite miraculeuse, d’un tombeau faite en Galice vers l’an 800. Ce tombeau a été retrouvé par l’ermite Pelayo (ou Pelagius) qui aurait eu une révélation dans son sommeil. Il aurait été guidé par une étoile dans le ciel, d’où une des étymologies avancées pour Compostelle : Campus Stellae ou champ de l’étoile. Suite à cette révélation mystérieuse et après concertation, l’Église locale déclara qu’il s’agissait du tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean l’Évangéliste et premier apôtre martyr de la chrétienté. Les premiers écrits mentionnant la prédication de Jacques en Espagne remontent au VIIe siècle. Ils ont été repris au XIIe siècle et incorporés au Codex Calixtinus. L’apôtre Jacques aurait quitté le Proche-Orient au Ier siècle avec pour mission de prêcher la parole du Christ en Occident jusque dans la péninsule Ibérique. Rentré en Palestine, il fut décapité sur ordre du roi Hérode Agrippa. Recueillie par ses compagnons, sa dépouille fut portée dans une embarcation. Guidée par un ange, l’esquif franchit le détroit de Gibraltar avant de s’échouer sur les côtes de Galice.

Théodomire, évêque d’Ira-Flavia (aujourd’hui Padrón), reconnut ce tombeau comme étant celui de Saint Jacques en 835 et le roi Alphonse II des Asturies y fit édifier une église. Il faudra toutefois attendre l’année 1884 pour que le pape Léon XIII confirme de son autorité, dans la lettre apostolique Deus Omnipotens, la reconnaissance des reliques de saint Jacques faite par l’archevêque de Compostelle.

En 1121, en pleine période de croisade (dont la première est lancée en 1095 par le Pape Urbain II à Clermont Ferrand) et 3 ans après la fondation de l’ordre des Templiers en 1118 à Jérusalem par le pape Pascal II pour protéger le pèlerinage de Jérusalem, le pape Calixte II (dont le frère Raymond de Bourgogne est roi de León et de Galice par mariage avec Urraque Ire de Castille, fille du roi de Castille Alphonse VI de Castille) fait de Saint-Jacques-de-Compostelle un archevêché.

Il suscite le rassemblement de textes épars dans un manuscrit connu sous le nom de Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l’Apôtre et assure la promotion de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au cours des Xe et XIe siècles, le culte de saint Jacques étroitement lié en Espagne à la Reconquista commence à se répandre grâce à la légende de Charlemagne qui mobilise la chevalerie européenne.

Suivant les routes commerciales de leur époque, des pèlerins de Saint Jacques, de tous rangs, mais surtout nobles, ecclésiastiques et marchands se rendaient en Galice de Paris, de Vézelay, du Puy-en-Velay et d’Arles. L’idée de l’existence de voies précises et de lieux de rassemblement est une idée contemporaine qui n’a pas encore trouvé son fondement historique. Les rois de Navarre et de Léon améliorèrent de leur côté les routes et construisirent des ponts afin de faciliter les échanges et le repeuplement du nord de l’Espagne après que les Sarrasins en eurent été chassés. S’ils bénéficièrent aux pèlerins, ces aménagements n’ont pas été faits que pour eux.

Le dernier livre incorporé au Codex Calixtinus est attribué à un moine poitevin, Aimery Picaud. Il y indique sommairement quatre routes en France, les chemins de Paris, de Vézelay, du Puy et d’Arles qui fusionnent pour trois d’entre eux à Ostabat dans les Pyrénées-Atlantiques, puis à Puente la Reina en Espagne, pour former le camino francés. Il y détaille les étapes mais donne aussi des renseignements sur les régions traversées et leurs populations. Ce Livre n’a pratiquement pas été connu en Europe avant son impression (en latin) en 1882. C’est Jeanne Vielliard qui lui a donné le titre de Guide du pèlerin dans sa traduction de 1938. Depuis il est considéré, à tort, comme l’ancêtre des guides des pèlerins contemporains.

Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu’ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d’où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. La coquille Saint-Jacques était le signe à l’issue du voyage que c’était un homme nouveau qui rentrait au pays. Elle deviendra l’un des attributs reconnaissables du pèlerin, avec le bourdon, la besace et le chapeau à larges bords. La coquille fut parfois gravée dans la pierre sur les frontons ou les chapiteaux des églises. Elle est le plus souvent un ornement architectural sans lien avec Compostelle. Au tout début de son histoire la coquille Saint-Jacques n’a jamais été une preuve de l’arrivé à Compostelle. Au commencement du Moyen Âge, les pèlerins étaient de pauvres gens et partaient sans vêtement de rechange. Le retour était très ardu car les pénitences infligées à ces miséreux par les prélats de Saint-Jacques, consistaient à effectuer sur ce chemin du retour plusieurs fois par jour quelques centaines de mètres sur les genoux. Inutiles de préciser que les culottes se trouaient rapidement. Une idée vint à un illustre inconnu d’utiliser les coquilles vides de « Pecten maximus » comme genouillères. Ces coquillages étaient percés de chaque coté de deux trous et maintenus par des cordelettes. Mais la dureté même de la coquille était plus douloureuse pour les genoux que la terre. Cette pratique dura quelques dizaines d’années et on la remplaça par des genouillères de cuir. C’est à partir de cette époque que la coquille perdit de son utilité vestimentaire pour un rôle plus noble, celui de preuve d’avoir été au bout de son chemin. Au fil du temps, les carnets de route faisant leur apparition, ils ne laissèrent à ce fameux coquillage qu’un rôle symbolique.

Le pèlerinage contemporain

Près de 100 000 pèlerins ont demandé à recevoir la compostela pour l’année 1999 et près de 200 000 en 2004. Ils se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle à pied ou à vélo, parfois à cheval.

Par ailleurs, s’il est parcouru depuis le IXe siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères, le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée célèbre, où les marcheurs croisent les amateurs d’art roman.

Un chemin de Compostelle est bien identifié en Espagne, le Camino francés qui a été la voie de communication du Nord de l’Espagne très fréquentée après la Reconquista pour favoriser le repeuplement des royaumes du Nord. Cette voie conduisait à Compostelle mais tous ceux qui l’ont empruntée ne sont sans doute pas allés jusqu’en Galice. Des chemins de Saint-Jacques ont été tracés par la Fédération française de randonnée pédestre à partir du début des années 1970. Le premier exemplaire ronéoté du topo-guide du GR 65 pour le tronçon Le Puy – Aubrac date de 1972. Ce chemin de Saint-Jacques est devenu le GR 65 sentiers de grande randonnée.

 Certains pèlerins réalisent parfois le chemin inverse, après avoir atteint la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, tandis que d’autres vont à Padron voir l’amarrage de la barque du saint, au cap Finisterre considéré au Moyen Âge comme le bout du monde, voire à Fatima au Portugal.