Pourquoi faire le chemin de Compostelle ?

Il y a plusieurs années, j’ai entendu parler d’un pèlerinage qui consistait à parcourir à pied 800 kilomètres (et parfois plus) dont le but ultime était la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins effectuaient cette marche pour toutes sortes de raisons, la plupart du temps religieuses. C’était le «Chemin de Compostelle».

J’ai d’abord été étonnée pour être ensuite fascinée par ce pèlerinage. J’ai fait des recherches et me suis informée. J’étais de plus en plus séduite par l’idée de faire ce voyage.

Puis un jour, comme beaucoup de Québécois, j’ai assisté à une conférence donnée par Marcel Leboeuf, comédien bien connu. Il a fait le Chemin en 2001 et a produit un DVD.  Cet homme m’a tellement fait rire et qui plus est, était la preuve vivante qu’on peut faire le Chemin de Compostelle et en revenir.

Je vous entend rigoler mais pour moi, ce voyage était quelque chose d’un peu disons, «ésotérique». Je me demandais si je serais capable de le faire, si c’était pertinent, si je pouvais faire partie de cette «caste» qu’étaient les pèlerins ! Je me demandais comment ça se passait, si c’était dangereux, réservé aux grands sportifs, etc.


La grande décision

Et puis merde que je me suis dit ! Pourquoi pas ! Je vais aller y voir.

Mais bon, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut s’avoir d’où on veut partir, quand on veut partir et avec qui on veut partir.

En fait, on peut partir de n’importe où dans le monde (carte) mais il y a des chemins mieux balisés que d’autres. C’est beau l’aventure mais quand même, mon courage avait des limites.

J’ai choisi de partir de Saint-Jean-Pied-de-Port en France. Pourquoi ? Parce que c’est le chemin le plus connu. Parce que c’est 800 kilomètres alors que du Puy-en-Velay, c’est 1600 kilomètres. Ouf !

Et puis, il fallait bien partir de quelque part. Pourquoi pas les Pays Basques ! Independencia !! Cette portion espagnole du chemin s’appelle le «Camino Frances»

Et puis quand partir ? On me recommandait l’automne parce que le chemin est moins achalandé. C’est aussi ma saison préférée. Alors va pour l’automne !

Il faut aussi savoir le temps que ça prendra et par le fait même, quel congé il faut prendre car il y a des obligations dans la vie qu’on ne peut pas laisser tomber comme ça du jour au lendemain, à moins de s’appeler Paris Hilton ou d’être retraitée, ce qui n’est malheureusement pas encore mon cas !

Après avoir consulté plusieurs personnes, sites internet et livres, j’ai appris que le chemin (à partir de Saint-Jean-Pied-de-Port) pouvait se faire en quatre semaines. Comme je voulais me donner du jeu, pouvoir visiter, pouvoir m’arrêter en cas de pépin, j’ai rajouté une dizaine de jours à cela. Finalement, je ne voulais pas me retrouver dans des périodes trop froides alors il ne fallait pas dépasser la mi-octobre comme arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle. J’ai donc décidé de partir à la fin août 2008.

Maintenant, avec qui partir. Ça, c’était toute une question. Toutes les lectures que j’ai faites sur le sujet  disent la même chose. Faire le Chemin de Compostelle met à rude épreuve l’amour ou l’amitié.

Après plusieurs semaines de réflexions, j’ai pris la décision de partir seule. Si Marcel (mon mari) avait pu venir, c’aurait été différent. Mais il ne pouvait obtenir de congé auprès de son employeur.

Et puis, je ne connaissais personne qui partait pour Saint-Jacques-de-Compostelle en même temps que moi. Les gens qui parlaient de m’accompagner n’étaient que des connaissances. Non, décidément, comme ce voyage était déjà une expérience inquiétante pour moi, je n’allais pas y rajouter une préoccupation supplémentaire.

De plus, j’avais des raisons précises qui me motivait à faire ce voyage et partir seule en était une.

Le voyage commençait à se préciser dans ma tête.  Marcel, mon conjoint des 22 dernières années, m’appuyait solidement dans ma démarche, comme il le fait toujours, même dans mes projets les plus farfelus.

Mes ami(es), ma famille, tout le monde m’écoutait raconter mon projet et m’encourageait.

Pour certains, ce fut différent. J’ai eu droit à toutes sortes de commentaires, pas toujours délicats.

Faut pas écouter ! Il faut foncer encore plus !


Mes peurs

Je me souviens d’un texte d’une future pèlerine, Linda Magher, sur le site «Du Québec à Compostelle». Ce texte décrivait très bien ce que je ressentais.

Le voici :

Les peurs


J’ai peur.
J’ai peur d’avoir mal aux pieds.
J’ai peur d’avoir mal au dos.
J’ai peur d’avoir froid.
J’ai peur d’avoir chaud.
J’ai peur d’être trempée par la pluie battante.
Mais j’y vais quand même à Saint-Jacques-de-Compostelle.

J’ai peur des 800 kilomètres.
J’ai peur d’être incapable.
J’ai peur de ne pas avoir la force physique.
J’ai peur de ne pas avoir la force mentale.
J’ai peur de la fatigue.
Mais j’y vais quand même à Saint-Jacques-de-Compostelle.

J’ai peur de ce que je vais avoir l’air sans mon séchoir à cheveux.
J’ai peur des ronflements qui m’empêchent de dormir.
J’ai peur de l’inconfort.
J’ai peur de dormir dehors avec toutes mes ampoules.
J’ai peur de la noirceur si je n’arrive pas au refuge à l’heure.
Mais j’y vais quand même à Saint-Jacques-de-Compostelle.

J’ai peur de faire échec, de ne jamais voir cette belle cathédrale.
J’ai peur des chiens sur le chemin.
J’ai peur d’être seule.
J’ai peur de perdre mon chemin.
J’ai peur qu’il me manque quelque chose.
Mais j’y vais quand même à Saint-Jacques-de-Compostelle.

J’ai peur de ne pas avoir les bons souliers.
J’ai peur de ce qui pourrait m’arriver.
J’ai peur que mon sac à dos soit trop lourd.
J’ai peur que toutes mes peurs soient encore plus lourdes.
J’ai peur de savoir ce qu’il me reste si je me vide de toutes ces peurs.
Mais j’y vais quand même à Saint-Jacques-de-Compostelle.

J’ai peur d’avoir peur.
Mais j’aurai quand même essayé sur le chemin de Compostelle.

Linda Magher


Et maintenant ?

Me voilà de retour. J’ai fait le chemin du 29 août au 7 octobre 2008 soit 40 jours. L’expérience a été très difficile, presque traumatisante. À la fin du chemin, je disais ne plus jamais vouloir refaire ce chemin et aujourd’hui, c’est différent.

Je me rappelle les belles rencontres, les paysages magnifiques, les aventures de toutes sortes. J’ai beaucoup rit durant ce voyage. J’ai aussi beaucoup pleuré. C’est ce qui fait qu’on ne peut regretter d’avoir fait le chemin de Compostelle. L’expérience a été tellement intense et je n’avais jamais rien vécu de similaire auparavant. Ça marque l’esprit !

À la blague, je disais que, comme j’avais passé 40 jours dans le désert (façon de parler), j’étais la nouvelle Moïse des temps modernes et que je devais donc écrire 10 nouveaux commandements. Voici le premier :

 » Le Chemin de Compostelle, une fois dans ta vie, tu feras « 

5 réflexions au sujet de « Pourquoi faire le chemin de Compostelle ? »

  1. Tout athlete qui participe a une epreuve sportive se prepare. Meme si la randonnee est d’abord un plaisir, il semble difficile d’atteindre le but si l’on n a pas une bonne condition physique. Ainsi, quelques journees de marche en foret sont indispensables pour provoquer un reveil musculaire. Partez la journee avec votre musette vous comprendrez que vous aurez un choix a faire lorsque vous aurez a constituer votre sac a dos pour prendre le chemin de Saint-Jacques !

  2. bonjour
    je suis heureuse d’avoir trouvé votre site qui va m’aider à envisager mon périple. Moi aussi j’aimerais partir de St Jean Pied de Port. Après avoir parcouru votre blog je me demande si je ne suis pas un peu inconsciente de vouloir démarrer vers la mi-septembre car je n’ai rien préparé pour l’instant et je n’ai même pas acheté mes chaussures. Je dois aller quelques jours dans le Lot chez des amis et je vais les acheter avant pour les adopter. J’habite à côté de Poitiers (86). L’idéal pour moi serait, peut-être, de trouver quelqu’un qui partirait d’une région proche de chez moi pour que nous nous aidions mutuellement tout au moins au départ. Je ressens ce besoin de parenthèse depuis quelque temps, plus fort encore depuis la disparition de ma fille il y a 3 ans. Où en êtes-vous de votre projet de repartir? Merci pour vos conseils donnés sur votre site et pour le petit coup de pouce dont j’ai besoin. Cordialement. Cathy

    1. Je suis déçue de ne pas avoir lu votre message avant. Je me consacre moins à mon site mais voilà que, comme je retourne sur le chemin en mai, je mettrais plus d’informations. Avez-vous fait le Chemin ?

  3. Ca m’a beaucoup encouragée de vous lire. Je caresse ce projet depuis peu mais cela maitenabt m’obsède au pour de tanner mes proches mais surtout les inquiéter… Ils sont ouvert à ce voyage pour moi mais ils int peur et me découragent. Ils ne veulent pas que j’y aille seule…. mais c’est ce que j’ai besoin bon!!… quoi leurs dire pour le rassurer? Les maniaco-dépressifs, le viileurs , le voleurs… je ne sais pu quoi leur dire et en plus ils ne me trouvent pas assez en forme…. ouf, je suis déterminée mais découragée en binittes!!

    1. Bonjour,

      Désolée pour le délai de réponse mais je me consacrais moi à mon site qu’auparavant mais je vais m’y remettre car je retourne sur le chemin en mai cette
      année. Je partirai cette fois du Puy-en-Velay.

      Ne vous découragez pas et faites le Chemin. Ce n’est certainement pas facile mais il n’y a pas de danger de violeur, voleur et quoi que ce soit d’autres.
      N’hésitez pas à m’écrire à nouveau si vous faites finalement le chemin.

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